Basket : Sekou Doumbouya raconté par un coéquipier

0
688

Avant de rejoindre la NBA et les Detroit Pistons, Sekou Doumbouya a croisé la route de Prince Gomobou chez les U15 de Fleury-les-Aubrais. Le technicien revient pour beinsports.com sur sa saison en compagnie du prodige franco-guinéen.

PRINCE GOMOBOU, RACONTEZ-NOUS COMMENT VOUS ÊTES-VOUS RETROUVÉ SUR LE CHEMIN DE SEKOU DOUMBOUYA ?

Je jouais en régional dans la banlieue d’Orléans à Fleury-les-Aubrais et j’évoluais avec un pote à moi, Lamine Kebe. Lui s’est mis vite dans le coaching et a eu un projet avec les U15 de Fleury. Il m’a dit qu’il avait besoin d’un assistant donc ça a commencé comme ça. Sekou était encore en U13 à ce moment-là. Benoist Burguet l’a découvert et nous on le suivait de loin. L’année où on a bossé avec Sekou, c’est 2014-2015. On avait des grandes ambitions cette saison-là avec Sekou qui explosait tout. On se disait : « c’est pour nous quoi, cette année, on va tout rafler ». On a commencé à bosser avec lui. Il avait intégré le pôle Espoirs d’Orléans dès 1ère année de basket. Il passait sa semaine là-bas et nous, on l’avait le mercredi de temps en temps mais surtout le vendredi soir. Et le week-end, il était avec nous, son club, pour les matchs.

QU’AVEZ-VOUS PENSÉ LA PREMIÈRE FOIS QUE VOUS L’AVEZ VU ?

On s’est croisé quand il était avec les U13. La première fois que je l’ai vraiment vu sur un parquet, c’est en finale U13 régions sous les ordres de Benoist Burguet et c’était incroyable. Le gars était physiquement plus grand que tout le monde. Tout le monde lui arrivait à la taille à peine, c’était hallucinant. Mais on se dit que sa taille allait être un handicap en termes de motricité : entre deux, il prend la balle, il la donne à un gars, il redemande la balle derrière, il prend 4 dribbles et il monte au panier, c’est n’importe quoi ! On se regarde avec Lamine et on se dit : c’est parti. Le gamin a défoncé la finale. L’été passe ensuite, il revient en août. Il prend encore de la taille et il est encore plus impressionnant « baskettement ». On n’avait pas de mots à l’époque pour bien décrire ce qu’on a ressenti.

A CE MOMENT-LÀ, SAVIEZ-VOUS À QUEL POSTE IL ALLAIT POURSUIVRE SA CARRIÈRE ALORS QUE LA LOGIQUE, VU SA TAILLE, ÉTAIT DE LE METTRE PIVOT ?

En fait, en U15, il y a des deuxièmes années qui sont quand même bien avancés dans leur croissance, donc Sekou faisait moins la différence au niveau de la taille. Et avec Lamine, on a décidé de ne pas le cataloguer en tant que « grand ». On l’a directement fait jouer à l’extérieur et, au bout de deux entraînements, il nous a convaincus.

COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS QU’UN JEUNE QUI VENAIT DE SE METTRE AU BASKET ÉTAIT AUSSI DOUÉ BALLE EN MAIN ?

Sincèrement, je ne crois pas trop à ces trucs-là mais le gamin avait un don. Pour la petite histoire, il venait du foot. J’avais des connexions à Fleury dans le milieu du foot et ils me disaient qu’il était énorme déjà et qu’il pourrait devenir professionnel.

COMMENT S’EST PASSÉE VOTRE SAISON AVEC SEKOU DOUMBOUYA ?

« Baskettement parlant », Sekou était au-dessus de tout. Il comprenait tout directement. Après, c’est plus au niveau de la maturité. On n’a pas fait d’erreur mais c’est vrai qu’on l’a peut-être trop pris pour un adulte. Les bêtises qu’il faisait, c’était celles d’un gamin de son âge, celles d’un gamin de 13 ans. Je me rappelle d’un tournoi qu’on avait fait à côté de Roanne. Pour y aller, il y avait pas mal de routes galères. Et, au bout d’une heure de route, on commence à entrer sur l’autoroute. Première aire d’arrêt : Sekou qui se met à crier. « Qu’est-ce qu’il se passe Sekou ? » « Mon téléphone, je n’ai plus mon téléphone, je crois que je l’ai oublié… » Il a fallu qu’on fasse demi-tour pour aller récupérer son téléphone qu’il avait oublié dans la salle des récompenses. Sachant qu’ils avaient cours le lendemain matin. On a été un peu dur avec lui : « Comment est-ce possible ? Sur le terrain, t’es un génie et tu fais des trucs de gamins à côté ». C’était normal en fait… Surtout qu’à l’époque, il n’avait pas beaucoup de moyens donc son téléphone était très précieux pour lui.

COMMENT A-T-IL ÉVOLUÉ D’UN POINT DE VUE BASKET AVEC VOUS ?

Du début à la fin, il a été énorme. Il faut dire que lors de sa première année U15, on a eu une génération exceptionnelle. Sekou tournait lui à 30 points par match, il « défonçait » tout à chaque match. On se disait déjà qu’il irait loin. Dans le basket et le sport en général, il y a beaucoup d’histoires de « présus » (ndlr : des présumés, des personnes qui mentent sur leur âge) mais on voyait très bien qu’il faisait son âge. Tu as souvent des gens qui viennent d’Afrique et tout et dont on baisse l’âge pour qu’ils puissent dominer physiquement. Mais, au bout d’un moment, l’évolution, elle n’est plus là. Alors que lui « puait » le basket à tous les niveaux. Paradoxalement, cela nous a porté un peu préjudice…

Source bein sport

Facebook Comments

SHARE
Previous articleEurope : Sehrou GUIRASSY dans le Top 5 des joueurs qui ont provoqué le plus de penaltys
Next articleLiverpool : Naby keita a encore une chance de rester
Mr Idrissa Somparé, est un journaliste guinéen, commentateur sportif, membre du département Communication et Médias de la Féguifoot, collaborateur pour la radio panafricaine Africa N°1 et animateur de radio. Il présente l'émission Sweet and Sport le dimanche soir en direct sur Sweet FM Guinée 99.3 de 15h à 17h. En partenariat avec Konate World Soccer Management Agency, il est aussi attaché de presse du Syli U23 pour le compte de la Fédération guinéenne de football. Tél : +224622815827.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here